Le travail de régression en et par le groupe, en visioconférence, quelques réflexions.

Une des antiennes fréquemment entendues des collègues en ces temps de pandémie et de confinement est que le travail de régression nous est rendu impossible par la contrainte de la visioconférence. Nous serions donc condamnés, en attendant de meilleurs auspices, au travail cognitif ou au mieux, au travail émotionnel dans l’ici et maintenant. Mon propos est ici de tenter de définir les conditions et les éventuelles limites au travail de régression en distanciel.

Abstract :

Dans cette présentation, je propose un exemple de thérapie de régression en groupe, via zoom, en m’appuyant sur le modèle développemental de D. Stern, les théories et méthodes de la Psychotérapie Intégrative, les théories de l’attachement, les concepts de trauma relationnel (protocolaire ou cumulatif) et de mémoires implicites.

A propos du modèle développemental de Daniel STERN :

Pour D. STERN (1985)1 le sens de soi, c’est-à-dire la façon dont nous nous expérimentons nous- même en relation avec les autres, naît d’éléments préverbaux et donc non conceptuels, issus d’un vécu relationnel assez direct et précurseurs d’un Soi objectifiable, verbalisable et réfléchissant. Au fur et à mesure que le nourrisson développe de nouvelles compétences, il forme de nouvelles perspectives subjectives organisatrices concernant le soi et les autres : les domaines du Sens de Soi.

Par nécessité de cohérence interne et de relation, chaque domaine de Sens de Soi ainsi formé persiste la vie durant, chaque nouvelle expérience relationnelle induisant un processus de ré-évocation et de renforcement ou réaménagement de tous les domaines de Sens de Soi.2

Un peu comme un voyageur qui ferait le tour du monde et réorganiserait sa valise au fil de son périple en fonction des climats rencontrés ; au retour à la maison, c’est la même valise, contenant les mêmes fondamentaux, jeans et sneakers, et pourtant, ce n’est plus tout à fait la même puisqu’elle s’est agrémentée d’un joli pagne, d’une chapka de fourrure, d’un sari et d’un chapeau de gaucho.

Bérangère est en arrêt de travail depuis deux mois pour « burnout » : Cadre Infirmier, elle se vit très malmenée, en ces périodes de pandémie, par les injonctions paradoxales de son institution: disponibilisation des lits, réaffectations des personnels, refontes incessantes des plannings…

Elle travaille en groupe depuis de nombreuses années au rythme de deux séances par mois et, depuis son arrêt de travail, en individuel avec moi, entre deux sessions de groupe; Depuis le premier confinement (mars 2020), toutes les séances se font par zoom.

Son processus de vie consiste, dans un mode d’attachement de type évitant-anxieux, à être en alerte permanente et en surveillance de la catastrophe imminente, dans tous les aspects de sa vie (particulièrement, à partir de 6 ans elle a commencé à s’empêcher de dormir en se donnant la mission de « surveiller que son père ne meure pas pendant la nuit », ce qui n’a pas interpellé sa mère).

1 STERN, D. (2015). Le monde interpersonnel du nourrisson. Paris : Puf. p 43
2 STERN, D. (2015). Le monde interpersonnel du nourrisson. Paris : Puf. pp 52- 53

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

1

Elle a grandi dans un contexte caractérisé par l’impact sur le système familial des longs épisodes dépressifs d’un père bipolaire et par l’ambivalence d’une maman à la fois abandonnique et rigide : cette mère s’est elle-même construite dans des conditions relationnelles difficiles : confiée à un an à sa grand- mère, elle a été récupérée à 5 ans par ses parents.

Quand Bérangère a 8 ans, on lui annonce un « super cadeau » : une petite sœur devant laquelle papa, et dans une moindre mesure maman, semblent en extase. A partir du sentiment d’avoir été flouée, Bérangère entre en lutte avec sa sœur pour être meilleure qu’elle face à papa et en compétition pour faire plaisir à maman.

L’arrêt de travail (« sois forte » en échec) a réactivé en séance individuelle, une mémoire implicite archaïque et fait flamber son vécu d’abandon sous-jacent de bébé mis en couveuse quelques jours après la naissance pour défaut d’alimentation, perte de poids. Ce bébé s’est trouvé privé du soutien d’une maman qui trouvait « trop dur » de le regarder branché et perfusé, ce que la cliente élabore en séance individuelle.

Puis en séance de groupe, Bérangère restitue son intégration de la séance individuelle précédente à ses pairs et déclenche, à ma grande surprise, une attaque de panique: elle décrit une fois encore la tétanie de sa physiologie de nourrisson, son incapacité à respirer, son corps douloureux; je stimule qu’elle accueille la tétanie « qui a quelque chose d’important à lui dire » et elle contacte une mémoire que cette tension la protège de sa propre tentation de tout lâcher et donc de mourir.

Se profile alors dans ma perspective une expérience protocolaire d’attachement désorganisé dont l’attachement évitant- anxieux, via le « sois forte », l’a, plus tard, protégée. (car, tout au long du développement, les inscriptions corporelles et sensorielles de l’expérience de la relation des premiers jours continuent de s’élaborer et de se remanier, par nécessité d’attachement et de prévisibilité).

Cette réaction physiologique qui l’a protégée de l’éclatement psychotique signe une inscription corporelle dans le domaine du Sens de Soi émergeant.3,4

A ce moment-là, Bérangère manifeste une augmentation de l’hypoxie et de l’hyperventilation: Je commence à respirer avec elle à son rythme, et l’invite à me regarder dans les yeux (techniquement, bien sûr, la médiation de zoom ne lui permet que de me regarder la regardant), en la guidant petit à petit à ralentir sa respiration en suivant la mienne puis à commencer de regarder ses pairs qui se sont mises elles aussi à respirer avec nous deux. Finalement la crise se calme.

A partir de mon harmonisation au rythme paroxystique de la respiration de Bérangère et à son âge développemental se restaure un accordage qui me permet de la guider, dans sa physiologie et sa sensorialité vers l’intégration d’un rythme que finalement elle peut faire sien, se structurant ainsi dans le domaine développemental du Sens de Soi noyau5.6

3 En effet, dans ses deux premiers mois de vie, le bébé nait dans l’élan cellulaire à construire de l’attachement et de la cohérence. Il internalise le processus et le résultat du processus relationnel qui s’inscrit viscéralement et sensoriellement en lui comme un début d’organisation interne
4 STERN, D. (1985). Le monde interpersonnel du nourrisson. PARIS : Puf. pp 66- 67

5 D’après D. STERN, dans ce domaine du lien interpersonnel noyau, le bébé vibre avec l’autre et se vit comme faisant partie d’un grand tout en même temps qu’émerge en lui la « notion » (sans concept) « qu’être moi c’est vivre ça ». L’enjeu développemental du bébé est d’intégrer les rythmes, développer l’affectivité, le sens de la continuité et de la régularité, d’amorcer de construire l’action et la possibilité de commencer à s’autogérer.

6 STERN, D. (1985). Le monde interpersonnel du nourrisson. PARIS : Puf. p 98- 99

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

2

Je pense alors pouvoir arrêter là le travail mais je vérifie en lui demandant comment va le bébé et comment elle se sent: réponse: « ça va mais j’ai peur que cette nuit le bébé recommence »: (son compagnon, steward, travaille cette nuit- là).

L’incongruence entre le ton de sa réponse, sans énergie, la généralisation (« ça » va) avec son regard qui s’accroche encore, associé à la tension qu’immédiatement moi- même je ressens dans le dos et le sentiment d’entrer en alerte, m’avertissent de ne pas entrer dans ce que j’identifie comme processus parallèle d’hypervigilance avec la petite fille de six – huit ans trop tôt responsabilisée.

Je prends l’initiative de dire à Bérangère et, je l’anticipe, à la petite fille de 6/8 ans qu’elle porte en elle, qu’à tout moment cette nuit, si elle a besoin, elle pourra m’appeler et que je m’engage à lui répondre.

En m’harmonisant au type de trauma, le vécu d’abandon du nourrisson en couveuse et de la petite de huit ans qui doit empêcher la petite sœur de pleurer et d’énerver papa quand maman part à ses soirées de belotte, mon intention thérapeutique est alors de proposer fiabilité et cohérence aux âges qui en ont manqué, dans une fonction humanisée de pare excitation qui enveloppe et contient.

Les autres membres du groupe lui expriment leur « concern », comment elles ont été touchées par son travail, quelle expérience interne ça a été pour chacune de vivre en processus parallèle la tentation d’interruption de contact avec le risque de mort (le sien et éventuellement le leur), de s’appuyer sur ma voix pour se risquer à vivre l’oppression avec elle (et non en identification) et leur espoir et leur soulagement pour elle après son acceptation de ma proposition.

Dans les faits, Bérangère ne m’a pas appelée malgré plusieurs réveils : se rappeler de nos respirations communes et de ma proposition ont suffi. Le lendemain matin, ses pairs, par messages ont pris de ses nouvelles.

En séance individuelle, elle revient en plein paradoxe de se sentir ambivalente: son médecin (homme) a répondu à sa peur d’avoir à reprendre le travail en prolongeant son arrêt pour deux mois et en lui donnant la garantie qu’il le prolongera aussi longtemps qu’elle en sentira le besoin. Elle se dit rassurée.

Il a vérifié qu’elle poursuivait sa démarche en thérapie, et il lui a prescrit un antidépresseur: Bérangère expose à nouveau son angoisse et son hésitation à acquiescer à cette proposition du médecin parce que « ça veut dire qu’elle est dépressive et qu’elle ne sera jamais plus forte comme avant ».

Je comprends la situation comme un épisode de juxtaposition : le couple parental symbolique, thérapeute femme et médecin homme, s’occupe réellement d’elle, sa peur est prise au sérieux. Elle retourne s’accrocher à la dépression paternelle (comme papa je suis dépressive mais je ne veux pas, alors je lutte contre mon besoin de me reposer), moins difficile à recontacter que l’abandon maternel.

Je normalise : nous reparlons de la nécessité de soulager la douleur, juste le temps nécessaire, que oui elle porte en elle un nourrisson déprimé mais résilient, ce qui n’est pas la même chose « qu’être en dépression » ou « qu’être dépressive» et que quand elle se sentira prête, nous organiserons avec son médecin la sortie du traitement médicamenteux. Elle est alors d’accord.

Deuxième séance de groupe, toujours en visio: Bérangère reparle de son étonnement d’avoir fait contact avec cette part nourrissonne d’elle qui est tentée de lâcher son corps et de mourir, de sa peur de cette tentation. Elle indique avoir, suite à cette séance, senti le besoin de hurler dans un coussin. Au fur et à mesure qu’elle parle, j’observe de nouveau la tension dans la nuque et les épaules, le regard tourné vers l’intérieur et la respiration qui s’accélère.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

3

Je repense à l’expérience de ce nouveau- né en couveuse, dont la vitalité est toute entière mobilisée à survivre au point de ne pas avoir la force d’émettre un son.

Je fais intérieurement l’hypothèse que l’expression, cette fois ci extériorisée, de la détresse du nourrisson est à accueillir comme la manifestation d’une intégration, même si je regrette en même temps la réitération de trauma que représente cette extériorisation dans la solitude, même avec un interlocuteur fiable, stable et cohérent mais à distance.7

Je choisis néanmoins de ne pas stimuler Bérangère à réinvestir la détresse du bébé (et aussi, je le suspecte, la colère de la petite fille). Ma préoccupation en effet est qu’en invitant ma cliente à réinvestir cette détresse, je génère un risque de régression à la première interaction protocolaire que le dispositif de travail à distance ne permet pas de contenir physiquement.

Je préfère stabiliser et ancrer un minimum de sécurité de base dans les Sens de Soi Emergeant et Noyau.

Je fais l’hypothèse que la restauration de cette sécurité de base permettra ensuite l’expression de la colère de la petite de 6/8 ans. Et j’ai aussi la préoccupation de préparer la sortie, à moyen terme, du traitement par anti dépresseur : nous l’avons contractualisé avec l’Adulte de Bérangère, même si ma préoccupation principale à ce moment- là était surtout de proposer de la structure à son expérience, avec un début, un déroulement et une fin, à tous les domaines de développement du sens de Soi et tous les âges ou la difficulté d’un instant était vécue comme la difficulté pour toujours.

Je normalise donc l’étonnement de la petite fille qui avait décidé d’être toujours forte pour résister à la tentation du bébé de se lâcher dans son corps et de sombrer.

Je valide pour le bébé, la petite fille et la grande personne, combien la tétanie a été la ressource fondamentale que le bébé a trouvée dans sa physiologie pour rester en vie (et maintenir agrégé son sens de Soi émergent), comment fondamentalement être Elle, en vie, est devenu être son corps tétanisé ; Bérangère acquiesce de la tête et se détend.

Encore une fois, je pense arrêter là le travail mais elle se tend à nouveau et se tient le diaphragme: invitée à verbaliser, elle nous dit que « le bébé fait chier, il faut encore s’en occuper, il est tout serré à l’intérieur, et m’empêche de respirer ».

Clairement émerge sur la « scène thérapeutique », dans le setting relationnel proposé par le groupe, une petite fille de six à huit ans parentalisée, pour laquelle il est nécessaire de proposer une intervention d’interposition.

Je parle alors à la petite Bérangère de 6/8 ans pour lui dire que « les petites filles aiment apprendre à s’occuper des bébés. Bérangère et moi allons te montrer. Mais après, tu pourras aller dormir tranquillement parce que les petites filles ont aussi besoin d’apprendre que ce sont les grands qui s’occupent des bébés qui vont mal ».

Elle est d’accord.

J’invite Bérangère à poser sa main et à se centrer sur cet endroit de son abdomen tout serré autour de ce bébé tétanisé et de son ressenti. Il se sent tenu sous les fesses et dans le bas du dos ; je lui suggère de visualiser qu’à l’intérieur, tout doucement, elle élargit un tout petit peu cet espace et quand c’est fait, elle me fait signe.

7 Il s’agit encore de l’intégration du Soi dans le domaine du sens de Soi noyau, dans lequel la notion intuitive d’un autre, potentiellement là de manière globalement prévisible et fiable pour répondre au besoin, émerge.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

4

Je suggère alors que peut-être le bébé détend un tout petit peu une jambe, ou une épaule, ou un bras, et ainsi de suite, à chaque hochement de tête de sa part, on élargit encore; la petite fille regarde et nous dit que le bébé a encore mal à sa jambe ou à son cou et elle respire en rythme avec nous (avec tout le groupe en fait).

Je vérifie de temps en temps comment évolue la douleur au niveau du diaphragme: elle s’atténue au fur et à mesure.

J’invite Bérangère à dire au bébé à l’intérieur qu’elle restera toujours là pour lui et de dire à la petite fille qu’elles pourront faire ensemble pour le bébé mais qu’elle n’est pas obligée, elle a ses « choses à elle à s’occuper » avec Bérangère.

Je dis à la petite fille de six/huit ans qu’elle va bien dormir cette nuit, elle sait maintenant faire, mais c’est Bérangère qui va s’occuper du bébé s’il y a besoin. Je termine en donnant à Bérangère la consigne de renouveler l’expérience d’accueil du bébé (expérience de plein contact interne) au moins une fois par jour, avec la petite. Elle est d’accord.

En l’occurrence, pour Bérangère, chacun a offert sa vulnérabilité, son empathie.

L’empathie est une des grandes conquêtes du domaine de structuration du Sens de Soi Intersubjectif8.

Dans le même moment, le thérapeute investit avec le client, l’espérance réaliste et vitalisante qu’il émergera de sa souffrance, ce quel que soit son âge développemental dans l’expérience traumatique. Dans ce projet, avec le client, de réparation de l’expérience relationnelle traumatique, le thérapeute reste attentif à stimuler le client à mobiliser ses propres ressources. Dans le souci de ne pas offrir l’espoir comme une panacée, il veille à proposer des options harmonisées au rythme, à l’affect et à la nature du trauma, et à vérifier l’engagement du client vis-à-vis de lui-même.

Dans ce travail, le groupe s’est investi et a été investi par le thérapeute comme une famille dont il est le chef au sens noble du terme c’est-à-dire celui qui garantit la sécurité de tous, famille qui coopère pour le bien du bébé et de la petite fille.

Chacun de ses membres a exprimé devant le bébé son vécu propre et son vécu à propos du bébé et chacun a mis son énergie au service du bébé et de la cocréation d’un espace relationnel sécure, ou le bébé lui, n’a rien à faire pour la famille, et n’a à s’occuper que d’être lui, avec ses vécus internes et les manifestations de ceux-ci.

En l’occurrence, si ce travail, en distanciel, a pu avoir cet impact, c’est parce que le groupe en a été un facteur déterminant : au travers des divers épisodes de confinement, déconfinement, peut- être peur de la contamination pour soi ou les proches, vécus d’isolement et quelquefois d’isolation, réactivations des systèmes archaïques de protection, chacun de ses membres a eu l’occasion de (re)vivre le manque de « l’autre », d’avoir le courage de l’exprimer, d’être accueilli dans cette expression et a assumé la responsabilité d’être en présence pour ses pairs, avec authenticité, maladresses ou justesse.

8 Possiblement à partir de l’activation des neurones miroirs opérationnels dès les premiers jours de vie dans la physiologie du cerveau, cette aptitude potentielle de la psyché à rencontrer l’autre dans son émotion trouve dans la relation un étayage, tout au long du processus de structuration des domaines de Sens de Soi Emergeant et Noyau. Cette aptitude advient alors dans le système émotionnel du petit et permet la structuration du sens de soi du bébé dans le domaine de l’intersubjectif. Le bébé a le sens que ses perceptions, sensations et émotions lui appartiennent. Il commence à avoir l’intuition que l’autre aussi a son monde interne et découvre et vérifie si l’expérience subjective peut être partagée, avec qui, jusqu’à quel point, espère un autre « qui ressent comme moi » et à qui émotionnellement je peux répondre, dans une expérience de plein contact, mais expérimente aussi la dissonance.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

5

Pour la petite fille et Bérangère adulte, le groupe offre un espace de pairs, ou les émotions sont exprimables parce qu’accueillies et comprises, les expériences et les options pratiques partagées, la solidarité exprimée et concrètement agie, y compris hors des temps de travail de groupe.

Le groupe devient une nacelle relationnelle qui offre une contenance fiable et stable. Le groupe, particulièrement pour ce type de travail et dans ces conditions- là, est à la fois processus et contenu, la relation qui guérit

En ce sens, chacun, Bérangère comprise, a revisité et réaménagé par et pour le groupe, dans un beau processus de coalescence, tous les domaines de structuration du sens de Soi jusqu’à proposer à chacun de ses membres, et en tant qu’entité groupe, Permission, Protection et Puissance et expérimentant ce faisant le processus d’intégration du Soi.

Le travail de régression en groupe en visioconférence : malgré la distance, un processus de développement du sens de Soi dans le groupe et du groupe.

Quand on parle de régression, la question qui est souvent posée est de définir si on a affaire à une régression spontanée ou à une régression induite ; selon moi, il s’agit presque là d’un faux débat : les seules régressions réellement spontanées qu’il m’ait été donné de rencontrer en vingt années de pratique de la thérapie ont résulté d’un choc traumatique massif : décès brutal, crime, suicide d’un proche, inceste et abus sexuels …

Evidemment le type d’accompagnement proposé en cette occurrence dépend fondamentalement de l’harmonisation du thérapeute au degré d’alliance installée avec le client et avec le groupe de thérapie. En l’espèce, pour le travail décrit plus haut, d’évidence, le groupe, dont le thérapeute est un des membres, a une longue histoire partagée.

La plupart du temps, on appelle régression spontanée une régression induite par une situation qui fait élastique et qui invite le client à remobiliser ses mémoires de trauma déjà vécu, à reconvoquer système de croyances et décision de survie et à relancer dans la relation une dynamique scénarique depuis longtemps rodée.

Dans des occurrences plus favorables, la régression est induite non pas par le thérapeute qui ne fait que l’accompagner, mais par le travail de thérapie (comme Bérangère qui hurle dans son coussin) c’est-à-dire par comment le client continue d’être travaillé de l’intérieur par ce qui est travaillé en séance.

Une autre interrogation suscitée par la notion de travail régressif concerne la différence entre travail corporel et travail avec le corps.

Le travail corporel est une intervention thérapeutique spécifique pour faciliter chez le client la mise en contact et le contact avec l’impact du choc traumatique massif ou avec des détresses inscrites physiologiquement à des âges préverbaux et puis de permettre au client de vivre une expérience réparatrice dans une proximité physique saine, protectrice et en relation, génératrice dans son cerveau de nouvelles connexions neuronales et synaptiques et d’une nouvelle gestalt mémorielle de rencontre de l’autre apaisée parce que sécure.

Dans ma pratique, je n’utilise la médiation du travail corporel pratiquement que pour le traitement des premières interactions protocolaires désharmonisées et dommageables pour la structuration du Sens de Soi de mes clients ou pour le traitement dans leur histoire d’évènements traumatiques graves

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

6

qui obèrent leur capacité à contenir leur sens de Soi dans des frontières psychiques personnelles stables.

En effet, de mon point de vue, le travail corporel de régression nécessite l’accord express et Adulte du client qui comprend les impacts de ces mémoires du trauma dans sa vie, et choisit de les retraverser pour en émerger allégé et libre de ses choix.

Et la thérapeute que je suis a besoin de pouvoir vérifier en observant l’intégralité de la physiologie de son client, surtout si le trauma résulte d’une effraction de ses frontières corporelles, qu’il ne risque pas de rentrer en sur-adaptation avec la proposition de travail corporel : en effet, la confluence est très souvent une composante intrinsèque de ce type de trauma ou la personne qui le subit est confrontée à une implosion psychique telle que le seul repère qui dans l’instant submerge est une sorte de loyauté à l’agresseur, dans une tentative de remettre du sens et de la prévisibilité à l’expérience, ce même au prix de la dissociation, pour rester en accord avec le déni total ou partiel pratiqué par le système familial.

Par ailleurs, mon expérience personnelle du travail corporel dans un groupe de thérapie, indéniablement résolutoire pour moi, ne m’a laissé que peu de souvenirs conscients et construits, ce qui me paraît logique puisque ce type de travail répare là où se loge l’inscription du trauma, à un âge ou le petit ne peut ni le faire lui-même, ni penser son expérience.

En tant que Thérapeute, je sais donc que mon client peut émerger de ce travail avec peu de souvenirs organisés de son expérience, une sensation de fatigue physique et émotionnelle, et plus tard, dans le constat Adulte de l’impact libérateur sur la suite de sa vie de ce travail spécifique.

Néanmoins, dans la mesure ou la confusion voire le désordre de l’affect (compréhension, émotion, sensations et comportement) font partie intrinsèque de l’expérience traumatique, la présence physique et contenante du groupe remet dans le setting du travail une dimension de réalité partagée qui contribue à la protection contre un fantasme de réitération traumatique

Je n’envisage donc le travail corporel qu’avec des clients présentant une assez bonne plasticité des frontières de leurs Etats du Moi pour en émerger dans l’Etat du Moi Adulte (ce qui exclut les personnes présentant un noyau psychotique très à fleur) : lorsqu’ ils ont déjà construit par leur parcours thérapeutique suffisamment de sécurité dans leur vie quotidienne et dans leurs liens et suffisamment de réappropriation et de compréhension de leur histoire. Ce qui signifie que ces clients ont déjà une bonne expérience du travail avec le corps.

D’autre part, la présence confiante et harmonisée des autres membres du groupe participe d’une contenance qui a manqué au client dans ses premiers souffles ou dans l’expérience du trauma, qu’il soit unique ou cumulatif, et valide et normalise implicitement l’intervention du thérapeute : peut- être s’agit- il là d’une de mes limites mais c’est surtout mon choix, pour moi le traitement de l’inscription protocolaire ou de la régression spontanée nécessite la présence, le groupe et le présentiel.

En revanche, je travaille couramment avec le corps, dès lors que mes clients ont une expérience suffisante et sécure de la relation thérapeutique, en individuel ou en groupe.

A cet égard, le travail en visioconférence n’a pas nécessité de changement dans ma manière d’accompagner mes clients puisqu’il s’est même avéré nécessaire et possible de procéder et à un interview du Parent et à une thérapie du Parent. J’explique cette situation par la différence que je garde à l’esprit entre présentiel, contexte géographique de la séance, et présence, disponibilité à l’accueil psychique inconditionnel et empathique à la vulnérabilité d’autrui.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

7

J’ai néanmoins trouvé pertinent d’utiliser le présentiel pour préparer implicitement le traitement d’un dommage relationnel protocolaire (l’abandon) tout en répondant dans l’ici et maintenant au besoin de mutualité de la petite personne qui s’est construite sur ce trauma. J’ai donc reçu, en temps de confinement et deux fois, en présentiel, une autre de mes clientes.

Cette cliente, de structure border line et présentant une très forte propension au désaveu et à l’insensibilisation, plongeait dans une panique intense à la vision, sur son écran, des visages figés de ses pairs, occasionnée par une défaillance du réseau internet, malgré le dispositif relais que nous avions instauré.

Ce faisant, j’étais consciente que la réaction de ma cliente était corrélée au contrat thérapeutique qu’elle avait défini (dire sa colère à sa mère) et mon choix a été, à ce moment- là de son parcours de thérapie, de faire pour elle une exception. Je lui ai proposé le dispositif de la proximité physique pour lui rendre plus concrètement perceptible ma présence à son affect et à son besoin : mon objectif était de valider par ce setting son besoin de définition de soi dans la relation, d’être reconnue, mieux encore distinguée, ce que jamais sa mère ne lui a offert.

Nous avons alors pu travailler avec son corps pour qu’elle le réinvestisse dans sa capacité à rester physiquement et psychiquement consistante en apprenant à moduler sa distance de confort avec l’autre.

Le travail en distanciel d’accompagnement et de traitement de la régression avec le corps impose néanmoins la mise en place d’un certain nombre de protections supplémentaires et particulières.

Les protections pour le thérapeute :

Il me semble d’autant plus impératif, pour le thérapeute qui est prêt à accompagner ses clients à traverser ses régressions et à en émerger, de revisiter, au besoin en thérapie, ses expériences anciennes de séparations non choisies (parce que le confinement en est une), pour pouvoir proposer un processus de thérapie décontaminé d’une dimension transférentielle. Ceci afin de ne pas investir inconsciemment un projet de réparation personnelle sur le client.

Il est important aussi de se rappeler que même les séparations choisies ne sont pas indemnes de chagrin ou de nostalgie, et de prendre le temps de le reconnaître, pour nous même ou nos clients.

L’accompagnement de la régression en distanciel demande au thérapeute, qui ne peut pas travailler avec la proximité physique ou le toucher, une plus grande ouverture à sa propre vulnérabilité et plus d’attention centrée sur le client via son audition, sa vue et les inflexions de sa voix, le choix de son vocabulaire, son phrasé, ses silences…

Du fait de la perte du présentiel, le thérapeute est privé de la possibilité de « vivre son implication corporelle comme une rencontre avec l’autre, d’être attentif à son vécu contre transférentiel et à ses ressentis dans sa fonction de miroir thérapeutique » et de sa « capacité à moduler son tonus corporel en relation à l’autre ».9

Le thérapeute doit aussi assumer l’acceptation par avance d’être surpris et d’être d’accord de faire contact avec un éventuel sentiment personnel de peur ou d’impuissance.

Cette éventuelle insécurité du thérapeute à accompagner son client dans un travail régressif possiblement stimulé par un contexte de travail en distanciel me semble lié à la perte (momentanée)

9 GOURBIN, O. (2017). De la contention à la contenance, pour une approche transpersonnelle de la thérapie psychomotrice (Mémoire de 3ème cycle). IRETT. p 16

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

8

d’une ressource inscrite en chacun de nous dès notre première étincelle de physis : le vécu mémoriel, ne serait-ce même que cellulaire, de l’aspiration au contact et à la présence physique de « l’autre ».

Dans la mesure ou nos clients vivent aussi cette perte, mais pratiquement sans filtre puisqu’ un des premiers effets de l’isolement est de questionner leurs systèmes de protection et d’adaptation relationnels, le travail de thérapie est plus énergivore, la nécessité de contenance étant plus forte. Le thérapeute a alors d’autant plus intérêt à systématiser pour son propre compte des modes de ressourcement physiologiques et émotionnels personnels, dans le concret de son quotidien ou en réactivant par exemple la technique de l’ancrage proposée par la programmation neurolinguistique.

Les protections pour le groupe

Une première protection, dans l’éventualité d’une perte du réseau internet, consiste, en amont, à explorer et offrir un temps de verbalisation à chacun des membres du groupe à propos des interruptions de contact expérimentées en interne et dans la relation aux autres.

Comme le virus, la perte du réseau qui peut nous « tomber dessus » ébranle l’illusion enfantine toute puissante et fantasmatique de la garantie que, s’agissant de « mon environnement et mes liens », « tout est sous contrôle, rien ne change et pour toujours ».

Il est donc impératif de mettre en place, dans la mutualité, un protocole ritualisé de pré contact et de remise en contact, ce dans le but de pourvoir chacun d’une sécurité dans le lien pour faire faire face aux ruptures de connexion internet et au vécu de perte de relation qui peut en découler.

Nous avons donc instauré une « veille » par texto, en définissant à l’avance qui maintient le contact avec qui, le temps de récupérer le réseau. Et surtout, chacun des membres du groupe a identifié et formulé ce qu’il a besoin d’entendre de son binôme lors du maintien du contact par texto, souvent d’ailleurs la phrase antidote à la critique auto- générée ou à la décision de survie.

En outre, le groupe a exprimé sa préoccupation à propos de la possibilité de pouvoir suivre le travail de ceux de ses membres qui auraient besoin d’une séance individuelle entre deux séances de groupe. Il fut donc décidé qu’après deux jours d’intégration personnelle, la personne concernée enverrait par mail un compte rendu à l’ensemble du groupe.

Il est par ailleurs nécessaire de tenir compte du fait que chaque membre du groupe participe à la dynamique depuis son espace géographique privé, ce qui n’est pas anodin dans le fonctionnement habituel d’un groupe de thérapie ou l’espace commun est fourni par le thérapeute.

Une protection selon moi indispensable, à l’occasion de la 1ère séance de groupe en distanciel, consiste à proposer un espace psychique d’exploration du vécu de chacun du fait du changement du setting de séance habituel (perte de l’entre soi géographique du groupe, peur d’être interrompu ou écouté par un membre de la famille, renforcement d’un sentiment d’isolement…), puis, grâce à un questionnement historique respectueux, de permettre la reconnexion à des affects anciens.

Peuvent alors émerger à la conscience des clients des mémoires douloureuses : de n’avoir jamais pu, enfant ou adolescent inviter des amis à la maison, éventuellement associé au sentiment de honte d’avoir à cacher quelque chose de l’intime de la famille (extrême pauvreté, violences intra familiale, addictions parentales et négligences éducatives), de n’avoir pu, malgré la jouissance d’une chambre à soi, être protégée d’actes incestueux réitérés, ou au contraire des souvenirs de soulagement dû à l’arrivée dans un espace familial dépressif, de personnes bienveillantes, porteuses de joie et d’ouverture.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

9

Hypothèse : A ces conditions, finalement le fait de travailler en visioconférence peut s’envisager comme facteur d’intégration du Soi plutôt que comme un obstacle à la thérapie. Le dispositif, une fois le vécu d’intrusion/invitation dans l’espace privatif et intime élaboré, favorise à la fois la mutualité et la définition de soi dans la relation. Et ce positionnement interne de chacun des membres du groupe dans ses frontières propres contribue à protéger chacun d’éventuelles réactions identificatoires ou projectives de la part de ses pairs.

Dans ce cadre particulier et avec les limites qu’il impose, il est spécialement nécessaire que le thérapeute pense le groupe comme un « entité ou même une personne» thérapeutique, dont il fait partie, avec une place certes spécifique, celle d’offrir à tous fiabilité et cohérence pour les différents besoins développementaux des uns et des autres, garant des frontières intimes de chacun (verbalisation éventuellement nécessaire de « ce qui est à elle, ce qui est à toi »), et des frontières du groupe, de l’énergie duquel tous participent, et sur laquelle le thérapeute s’appuie.

Dans cette perspective, le thérapeute « berger de l’espoir du client », active sa propre fonction espérante: il porte en lui l’espoir pour le client que, à travers la ré- expérience du trauma, mais cette fois ci dans la relation impliquée et harmonisée, il advienne à lui-même, au mieux de son potentiel. Et il investit le même espoir pour le groupe car ce dernier, par le processus d’accompagnement et de contenance qu’il offre, grandit et se transforme, dans sa « couleur » relationnelle spécifique.

En effet, même si les membres du groupe n’analysent pas de manière cognitive les options d’intervention du thérapeute, ils y participent activement, à égalité d’implication pour eux même et pour les autres et à égalité d’harmonisation, à partir à la fois de leur propre expérience du trauma mais surtout de l’intuition de ce qui a manqué ou de l’internalisation d’une expérience réparatrice.

En conclusion, le débat travail corporel, travail avec le corps, accompagnement de la régression, en présentiel comme en distanciel, relève selon moi d’abord et avant tout de l’indication thérapeutique : du diagnostic développemental de personnalité (quel degré de solidité dans la structuration dans les domaines de développement du sens de Soi), de la compréhension et de la prise en compte de la dynamique scénarique de la personne, de là ou on en est dans le plan de traitement, de la nature du trauma, de l’appartenance du client à un groupe suffisamment mature.

De ce point de vue, pour moi, la pandémie et les conditions de travail qu’elle nous impose n’a pas fondamentalement changé ma pratique et mes orientations en termes de choix d’options d’interventions thérapeutiques puisque je réserve le travail corporel pour la régression au dispositif du présentiel et en groupe.

Cependant, quel que soit le contexte de la séance, mais plus encore en distanciel, le thérapeute devra être extrêmement attentif à vérifier le cadre de sécurité qu’il propose et à ne pas être réticent à le questionner, pour lui-même, en interne, mais aussi pour le groupe, en n’hésitant pas à mutualiser ce questionnement dans le groupe. Ce faisant, il investira sa fonction de pare- excitation, porteur et garant de structure fiable stable et cohérent.

Les membres du groupe, le groupe finalement, en expérimentant ce processus, pourront l’internaliser : Il est d’ailleurs intéressant de relever que les groupes de thérapie ou le travail de régression est le moins énergivore pour tous et le plus puissant, sont les groupes dont les membres ont développé, en

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

10

dehors des temps de séance proprement dits et sans que le thérapeute en soit partie prenante, des processus de questionnement mutualisé, de soutient, et de partage des ennuis comme des réussites.

Plus et mieux encore, le thérapeute aura besoin d’internaliser le groupe comme un allié thérapeutique ou chacun participe dans sa spécificité et avec sa responsabilité, mais à égalité d’implication et d’harmonisation, comme une dance, ou l’un des partenaires assume de guider dans le tempo de la musique et l’autre partenaire investit sa grâce et sa légèreté, le couple vivant alors le bonheur du mouvement partagé.

La banalisation de la demande de thérapie en ligne, les risques de nouvelles pandémies ou autres évènements catastrophiques, ou simplement la nécessité de limiter notre empreinte carbone n’étant plus à exclure, nous avons besoin de nous rappeler que le cadre de la thérapie que nous avons intégré a été pensé dans et pour des contextes de vie plutôt sécures ou le travail en présentiel ne posait pas problème. Nous avons maintenant besoin de réélaborer, à l’aune de cette nouvelle donne, les questions du cadre contractuel du setting thérapeutique mais surtout des frontières et des protections d’un espace transférentiel thérapeutique pour nos clients.

D’autre part, la digitalisation de notre espace relationnel intra familial et sociétal pose l’hypothèse de favoriser, et de plus en plus, l’émergence de structures de personnalités état limite ou extrêmement désorganisées mais en capacité d’utiliser l’internet pour extérioriser et agir les affects d’un Etat du Moi Enfant extrêmement perturbé sans être confrontés en direct par la relation. Le présentiel articulé à l’implication harmonisée nous offraient la possibilité de proposer à la fois accueil de la douleur mais aussi principe de réalité et limites à chacun des domaines de Sens de Soi blessé de ces clients. Nous devrons donc intégrer dans notre pratique l’éventualité de la perte du présentiel.

Il est par conséquent nécessaire, au-delà des quelques options proposées ici, de continuer d’élaborer en termes de structure et de contenance à construire et offrir à nos clients. Et selon moi, dans cette perspective, le groupe thérapeutique, dans son processus, en constituera une des clefs essentielles.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

11

Remerciements :

Ma gratitude pour Guillaume Adjagba, qui depuis si longtemps m’encourage à écrire et m’a offert, comme correcteur et relecteur rigoureux et précis de la version française, son temps et sa technicité éditoriale.

Un merci tout particulier à chacun de mes quatre traducteurs Sally Openshaw, Maury Lanman, Lise Small et Steffi Tarade pour leur implication et leur enthousiasme à soutenir ce texte.

Ma reconnaissance à tous mes formateurs et superviseurs, à mes clients sans qui je ne serais pas devenue celle qui ose partager aujourd’hui.

Bibliographie :

Cadot, H. (2011). Atelier l’espoir du client, l’espoir du thérapeute, Paris.

Erskine, R. (2019), Morsund, J., Trautmann, R. Au-delà de l’empathie, manuel de psychothérapie relationnelle intégrative. Interéditions, soins et psy.

Erskine, R. (2019) Developmentally based, relationally focused integrative psychotherapy: eight essential points. IJIP, vol 10.

Erskine, R. (2020) Compassion, hope and forgiveness in the therapeutic dialogue. IJIP, vol 11.

Gourbin, O. (2017) De la contention à la contenance, pour une approche transpersonnelle de la thérapie psychomotrice. IRETT mémoire de 3ème cycle.

Guarella, E. (2017) pensée, corps et esprit. 8ème congrès IIPA, Milan.

Small, L. (2004) Etre compétent même si l’on ne sait pas tout ; Les Editions d’Analyse Transactionnelle, AAT N°109.

Stern, D. (2015) le monde interpersonnel du nourrisson ; Puf, le fil rouge. Stern, D. (2012) Journal d’un bébé. Odile Jacob, psychologie.

ADJAGBA.CL@FREE.FR IJIP, VOL 12,2021

12